Sortir l’hôpital de la situation difficile dans laquelle l’a conduit la droite
L’hôpital est la colonne vertébrale de notre système de santé. Il assure les grandes missions de service public (urgences, action sociale, formation, recherche) et représente à ce titre une part importante des dépenses d’assurance-maladie.
Or, la droite n’a eu de cesse depuis cinq ans de pénaliser financièrement les établissements publics, en alignant leur gestion sur celle des cliniques privées. C’est ainsi qu’aujourd’hui, beaucoup d’hôpitaux ne savent pas comment ils vont finir l’année 2007. L’impasse financière s’élève à 1Md€, et la dette auprès des établissements de crédit à plus de 14Mds€. Ce lourd bilan est dû en grande partie à la réforme de la tarification à l’activité, dont la mise en application a été bâclée, et à un «plan de relance» en trompe-l’oeil baptisé Hôpital 2007.
Tarification à l’activité : une précipitation coupable
Rompant avec le système antérieur de dotation budgétaire annuelle et évaluative, le gouvernement Raffarin a mis en place la tarification à l’activité (T2A) pour financer l’hôpital et les cliniques. Le principe visait à améliorer la gestion des établissements, qu’il s’agit de doter à concurrence exacte de leur activité en rémunérant chaque acte à hauteur d’un «tarif» prédéfini. Ce principe est justifié. Cependant, appliquée sans garde-fou, la T2A introduit un double risque : d’une part, la multiplication inflationniste d’actes inutiles ; d’autre part, la sélection des patients en fonction des pathologies les plus rémunératrices, au détriment de la mission d’intérêt général de l’hôpital.
En outre, la T2A a rapidement été dévoyée par la mise en place d’une convergence des tarifs entre les deux secteurs publics et privés. Cela permet aux cliniques privées d’assurer leur développement au détriment de l’hôpital.
Surtout, l’objectif affiché par la droite de faire converger les tarifs du public et du privé préfigure une augmentation des tarifs des cliniques ou une baisse de ceux du public. Au total, la confusion des enveloppes permet d’opérer des transferts entre les deux secteurs en toute opacité. Il y a là un énorme déficit démocratique.
C’est pourquoi le Parti Socialiste s’engage à geler la convergence des tarifs entre l’hôpital et les cliniques privées, afin d’éviter le démantèlement de l’hôpital au profit des cliniques privées.
Présentée comme un simple moyen technique de mieux se conformer aux besoins des établissements, la T2A nie en réalité une évidence : les cliniques n’ont pas les mêmes contraintes que l’hôpital public. Investi d’une mission de service public, l’hôpital doit en effet assurer des soins continus (urgences notamment) et égaux sur le territoire national, ce qui pèse sur ses finances. A travers un plan de relance de 2,5Mds€ sur cinq ans, le Parti Socialiste s’engage à renforcer les financements permettant de remplir ses missions d’intérêt général et de retrouver les marges de manoeuvre nécessaires pour investir dans la rénovation du parc actuel.
Hôpital 2007 : une réforme en trompe-l’oeil
L’hôpital public connaît aujourd’hui une crise financière telle que certaines de ses activités sont menacées, au premier rang desquelles la chirurgie. Or, le plan Hôpital 2007 annoncé en 2002 pour relancer l’investissement a fait porter une grande partie de la charge sur des établissements déjà lourdement endettés. Les objectifs annoncés n’ont donc pas pu être atteints.
Les investissements engagés devaient être de plus de 10Mds€ ; ils n’auront finalement atteint que 6Mds€. Le plan d’investissement s’est appuyé sur un recours massif à l’emprunt, les subventions de la Sécurité Sociale étant devenues de plus en plus infimes au fil des lois de financement de la Sécurité Sociale.
Pour gonfler les chiffres, le gouvernement a ajouté à ce plan le montant des investissements déjà prévus par les établissements et les Agences régionales de l’hospitalisation.
Le Parti Socialiste portera un coup d’arrêt à cette dérive désastreuse pour l’hôpital public, en lui réservant le bénéfice exclusif du plan de relance de 2,5Mds€.
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